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samedi, 17 décembre 2005

Dette publique : agir maintenant

J'ai pris connaissance avec attention du rapport de Michel Pébereau et de la commission qu'il a présidée sur la dette publique.

Je tiens à saluer l'effort de pédagogie et le travail très approfondi d'analyse faits par les membres de la commission sur l'ampleur, les causes et les conséquences de la dérive des finances publiques depuis 30 ans. L'état de nos finances constitue une préoccupation forte des Français. Le diagnostic de la commission Pébereau, lucide, consensuel, approuvé par des personnalités de droite comme de gauche, est la première condition pour commencer à rétablir la confiance de nos compatriotes.

Le rapport de Michel Pébereau met en évidence le caractère insoutenable de la dynamique des finances publiques. Il souligne en particulier la contraction de toutes les dépenses d'avenir, telles que les investissements et la recherche, au profit des dépenses de court terme.

Pour ma part, j'ai déjà eu l'occasion, à plusieurs reprises, de souligner la nécessité de rompre avec l'accumulation des déficits et de la dette, et d’entreprendre les réformes nécessaires.

Face à la gravité de la situation, le rapport de la commission Pébereau formule un certain nombre de recommandations dont la force est de former un tout cohérent. Ces propositions ne seront efficaces que si elles sont mises en œuvre dans leur ensemble. Elles ont été approuvées par tous les membres de la commission, ce qui prouve qu'elles sont réalisables dans le respect des exigences de solidarité et d’équité auxquelles sont attachés tous les Français.

Devant l'urgence et la nécessité de retrouver aussi vite que possible une situation d'équilibre, je souhaite que les recommandations du rapport Pébereau soient rapidement mises en œuvre.


Nicolas SARKOZY
Président de l’Union pour un Mouvement Populaire

 

lundi, 12 décembre 2005

Retrouvons le plein-emploi grâce à la Sécurité sociale professionnelle

Par Nicolas Sarkozy
Président de l'UMP
Ministre d'Etat
Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire
La Tribune du 12 décembre 2005


Les émeutes urbaines que nous venons de connaître confirment dramatiquement mon diagnostic, déjà ancien, de l’échec du modèle social français. Même si jusqu’aux années 70, notre système social a très bien fonctionné, ayons à présent le courage de reconnaître que, depuis près de 30 ans, il s’est peu à peu bloqué. On ne peut hélas pas vivre éternellement dans le passé.

Ayons la lucidité de voir que notre système social n’est plus ni juste, ni efficace. D’ailleurs, au risque de surprendre, je considère que si nous échouons aujourd’hui, c’est avant tout car notre système n’est plus à la hauteur des ambitions qui lui ont donné naissance : l’égalité des chances, la garantie d’une véritable solidarité nationale face aux aléas de la vie et de l’économie, la récompense du travail et du mérite.

Ayons enfin le courage de constater qu’à l’heure de la mondialisation, notre pays semble incapable de sortir du chômage de masse, de la croissance molle et de l’angoisse du lendemain. Ma conviction est pourtant claire et j’ai confiance dans les Français. Il n’y a aucune fatalité à ce que la mondialisation signifie moins d’emplois, moins de pouvoir d’achat et des conditions de travail dégradées. D’autres pays affrontent cette mondialisation et en tirent profit. Ces pays ne sont pas meilleurs que nous. Mais ils ont en commun de posséder des systèmes sociaux qui créent la confiance et protègent efficacement les salariés, tout en laissant aux entreprises la liberté nécessaire à leur développement.

En France, au contraire, qui se sent aujourd’hui protégé quand un salarié sur trois craint d’être touché directement par les délocalisations ? L’insécurité sociale ressentie par les millions de salariés français est d’autant plus paradoxale que, comparé à nos voisins, nous sommes aujourd’hui les « champions » de la protection des emplois existants.

Ce paradoxe n’est hélas qu’apparent. La réglementation stricte et complexe du licenciement dans notre pays a pour effet que nous avons un peu moins de licenciements que les autres, mais nous avons surtout beaucoup moins de créations d’emplois. Les périodes au chômage sont plus longues en France (17 mois contre 8,5 mois pour la moyenne des pays du G7). 70% des embauches passent aujourd’hui par des contrats précaires et l’intérim.

Au final, c’est un équilibre « perdant-perdant » : pour les entreprises car l’absence de flexibilité de l’emploi réduit les embauches, et pour les salariés dont les emplois ne peuvent être totalement protégés du licenciement et qui supportent une forte précarité.

Je crois, au contraire, qu’il est possible d’offrir aux entreprises et aux salariés français un accord gagnant. Pour lutter contre le chômage, je suis convaincu qu’il nous faut inventer la protection sociale du salarié du XXIème siècle.

Alors que les parcours professionnels sont discontinus et marqués par des périodes de chômage plus ou moins longues, par des reconversions et l’acquisition de compétences nouvelles, il convient que les protections soient désormais attachées aux salariés et non aux emplois qu’ils occupent. La CGT et la CFDT le réclament depuis longtemps, à juste titre. Quels sont les termes, indissociables, de cette nouvelle approche ?

Premièrement, introduisons davantage de flexibilité dans l’emploi et dans l’organisation du travail, afin de libérer les embauches. La meilleure et la première des sécurités de l’emploi, c’est la certitude de pouvoir trouver facilement un nouveau travail dans un marché de l’emploi dynamique. Nous voyons avec le contrat nouvelles embauches que cette flexibilité répond à un véritable besoin des entreprises.

Deuxièmement, protégeons tous les salariés de manière à la fois plus juste et plus effective, à travers l'institution d'un contrat de travail unique à durée indéterminée qui permettrait de réunifier notre droit du travail. Le contrat unique à durée indéterminée serait assorti de garanties fortes dès le premier jour, et se renforceraient avec le temps, sous la forme notamment d’indemnités croissantes en fonction de l’ancienneté.

Troisièmement, comme la Sécurité sociale protège nos concitoyens face à la maladie et la vieillesse, renforçons les garanties offertes aux salariés face aux risques professionnels en instituant la Sécurité sociale professionnelle.

Cela commence par le droit à un reclassement personnalisé performant par le service public de l’emploi, issu de la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC. Ensuite, tout salarié doit avoir droit à une indemnisation généreuse du chômage, en contrepartie d’un contrôle assidu de la recherche d’emploi. Dans mon esprit, la durée de l’indemnisation du chômage ne devrait pas être fonction de la durée de cotisation mais tenir compte avant tout des difficultés objectives de chaque personne à retrouver un emploi. Enfin, quel que soit son parcours, un salarié français devrait garder l’accès à la formation professionnelle tout au long de la vie. C’est la clé de la promotion sociale.

Afin de doter le service public de l’emploi rénové des moyens d’un accompagnement de très haut niveau, je propose que les entreprises qui recourent beaucoup au licenciement soient taxées davantage que les autres. Il s’agit également d’inciter les entreprises à privilégier d’abord les solutions de reclassement interne.

Cette démarche de « flexisécurité » n’a rien d’original. Elle est appliquée depuis longtemps, par des gouvernements de droite comme de gauche, aux Pays-Bas, en Suède et au Danemark, avec profit puisque leurs taux de chômage avoisinent 5 à 6%.

L’ambition fondamentale de revenir au plein emploi requiert une réforme ambitieuse, juste et équilibrée entre les exigences de sécurité et flexibilité. C’est le cap que je souhaite que le gouvernement, le patronat et les syndicats adoptent résolument, alors que s’ouvrent des discussions aujourd’hui.

Assumer toute notre histoire sans tomber dans la repentance systématique

Par Nicolas SARKOZY
Ministre d'Etat
Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire
Président de l'UMP
Le Journal du Dimanche - 11 décembre 2005


 

 

Nous ne pouvons pas être indifférents aux mémoires meurtries qui se font actuellement entendre. Des mémoires d’hommes et de femmes qui continuent de souffrir de l’injustice et de l’inhumanité profonde d’une époque révolue de l’histoire du monde. Cette souffrance est légitime et nous devons la tenir en considération.

Le souvenir et l’enseignement de l’histoire coloniale comme celle de la période napoléonienne sont perçus par certains comme une menace, comme une atteinte à ces identités singulières. Cette inquiétude ne doit pas être mésestimée et appelle une attention particulière. Je comprends beaucoup moins, en revanche, la campagne polémique et les procès en sorcellerie lancés par la gauche et l’extrême gauche. Je ne crois pas qu’instrumentaliser la souffrance d’autrui soit la meilleure façon de lui témoigner de la considération. Mais je perçois bien l’intérêt que d’aucuns essaient d’en retirer.

Il est de notre responsabilité de chercher à comprendre les inquiétudes et les blessures de certains de nos compatriotes, en particulier outre-mer. Nous ne devons pas pour autant céder à la facilité d’une attitude qui ne serait que compassionnelle et qui reviendrait de ce fait du reste à relativiser toutes les douleurs et toutes les souffrances.

Le défi auquel nous sommes confrontés, nous Français, peuple à l’histoire millénaire, est redoutable : considérer et assumer tous les moments de cette longue histoire sans verser dans l’anachronisme.

La France doit être effectivement en mesure de rendre justice, par le souvenir, aux victimes et aux héros de son Histoire. C’est ce que nous avons fait à diverses reprises depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, notamment à travers la loi, expression de la volonté générale. Car s’il est vrai que le Parlement n’a pas à écrire l’Histoire, il a en revanche l’obligation de la connaître et de la regarder en face, ne serait-ce que pour éviter la répétition du mal. C’est ainsi, par exemple, que le législateur a qualifié en 2001 la traite et l’esclavage de « crime contre l’humanité », demandant à ce que les programmes scolaires et de recherche universitaire accordent à la traite négrière et à l’esclavage « la place conséquente qu’ils méritent » (article 2 de la loi du 10 mai 2001). C’est également ainsi qu’il a officiellement souhaité reconnaître l’existence du génocide arménien de 1915 et voulu se pencher, en 2005, sur le destin tragique des Harkis, ces supplétifs de l’armée française abandonnés à leur propre sort à la fin de la guerre. C’est ainsi encore que le législateur a décidé du transfert des cendres de Jean Jaurès et de Jean Moulin au Panthéon, afin d’honorer leur mémoire et de les ériger en exemples pour les générations futures.

A cet égard, je soutiens tout à fait l’initiative de confier à une mission pluraliste l'évaluation de l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’Histoire. Je souhaite que ce travail permette la réconciliation de chacun avec notre histoire commune.

Car nous devons aussi apprendre à nous rassembler, par delà nos douleurs et nos craintes pour rechercher l’apaisement et regarder ensemble vers l’avenir. Il est essentiel pour la survie et l’unité de notre nation de savoir dépasser les blessures de l’Histoire. Comme le dit si justement Paul RICOEUR, « une société ne peut rester indéfiniment en colère avec elle-même ». A côté du devoir de mémoire, il y a donc place, selon moi, pour un véritable et salutaire devoir de réconciliation nationale comme internationale. Pardonner ce n’est pas oublier, c’est seulement admettre l’irréversibilité du passé en créant les conditions d’un avenir commun. Notre Nation sort renforcée lorsqu’elle sait, par l’intermédiaire du Président de la République, reconnaître au Vél’d’Hiv l’horreur de la participation de l’Etat français à la déportation des juifs. Mais elle s’affaiblit chaque fois qu’elle caricature injustement ses grands hommes.

Les mémoires singulières et les souffrances qu’elles véhiculent ne peuvent tenir lieu de clé de lecture univoque, donc forcément réductrice de l’Histoire. Or, depuis quelques jours, j’ai l’impression que nous assistons à une dérive préoccupante : tout semble bon désormais pour instruire le procès de la France et faire assaut d’auto dénigrement. Oui, la colonisation fait partie de notre histoire, mais elle appartient au passé, et il revient aux historiens de dire ce qu'elle a été. On assiste au développement en France chez certains individus et parfois même au sein de l’Etat à une tendance irrépressible à la repentance systématique. Quand on voit l’embarras occasionné par la commémoration de la victoire d’Austerlitz, tandis que la défaite de Trafalgar a donné lieu outre-manche à une célébration fastueuse, je ne peux m’empêcher de penser que notre société est menacée d’une funeste inclination au reniement de soi. Finira-t-on, un jour prochain, par s’excuser d’être Français ? Une nation qui ne s’aime pas ne risque pas d’être en mesure d’affronter l’avenir avec les meilleures chances, ni de résoudre ses problèmes d’intégration. La France est un grand pays, parce qu'elle a une grande histoire. Assumons-la sans complaisance mais aussi sans excès de repentance.

dimanche, 11 décembre 2005

Conseils de la Jeunesse

Les Conseils de la Jeunesse ont été créés dans le but de rassembler des jeunes de 13 à 25 ans et de les motiver pour qu'ils participent à la vie de la cité.

 

Nous, les jeunes populaires ou encore militants de l'UNI-Lycée, nous comprenons l'oportunité que l'on nous donne, celle de nous exprimer!

 

Avec des budgets capable de suivre nos projets pour le Paris Populaire que nous souhaitons, les jeunes élus au Conseil Parisien à la Jeunesse défendent nos valeurs tous les jours pour que, enfin, les jeunes de droite puissent prendre la parole, faire voter des projets et les réaliser.

 

Si vous êtes motivé(e)s pour que les jeunes de Paris soient réellement représentés ou que vous souhaitez participer en tant que candidat dans votre mairie d'arrondissement, au Conseil Parisien à la jeunesse, n'hésitez pas à nous contacter et à nous rejoindre!

 

Nous détaillerons dans les jours et semaines à venir les propositions que nos élus défendront et ce pourquoi nous souhaitons travailler avec vous.

 

Nous devons être soudés, présents et travailler collectivement pour reprendre la ville aux mains des socialistes, un seul mot d'ordre, la Victoire en 2008.

 

Parce que faire vivre vos projets, c'est nous rejoindre et les défendre ensemble.

 

Thomas SEINCE

http://thomaseince.tooblog.fr

samedi, 10 décembre 2005

Rencontre avec Jean Tiberi

Après Claude Goasguen, c'est au tour de Jean Tiberi d'être l'invité de la 11ème circonscription et de venir à la rencontre des adhérents pour exposer son programme dans le cadre des primaires de l'UMP pour les éléctions municipales de 2008.

 

Jean Tiberi

sera présent le jeudi 15 décembre 2005 à 19 h

au 15, place Etienne Pernet - 75015 Paris

 

 

Cette rencontre sera l'occasion pour chacun d'entre vous et les jeunes en particulier de débattre avec le candidats sur des sujets relatifs à la capitale qui vous tiennent à coeur.

 

Maxime

Délégué "jeunes populaires" du XIV ème arrondissement

jeudi, 08 décembre 2005

Comptes rendus de mandales

Article tiré du journal web Le Perroquet Libéré
Bertrand Delanoë se vante d'avoir donné corps à la démocratie participative en impliquant davantage les citoyens dans les débats municipaux. Les comptes-rendus de mandat auxquels il se livre annuellement dans chaque arrondissement sont ainsi présentés comme la vitrine d'une pratique politique « ancrée dans le quotidien ».

Rendre des comptes aux électeurs… C'est devenu si rare que l'on s'enthousiasmerait presque devant une démarche qui constitue pourtant un devoir élémentaire pour les élus. Il suffit cependant d'avoir assisté à ces shows mettant en scène « l'élu de terrain » en majesté pour mesurer combien la bonne idée des comptes-rendus annuels a été dévoyée.

Ca se passe généralement un soir d'automne, alors que la nuit tombe. Dans une salle municipale remplie aux deux tiers, à laquelle on accède après une fouille rapide, le maire présente le document, disponible à l'entrée, dans lequel est résumée l'épopée de l'édile et de « l'équipe municipale ». L'effet Coupe du Monde est passé par là… A moins qu'il ne s'agisse d'une fine allusion aux JO de 2012. Avec ses titres fabuleux -« mixité sociale », « petite enfance », «culture démocratique», « convivialité »-, le compte-rendu du maire dessine une capitale onirique où il n'est question ni de spéculation immobilière ni de transports interminables. Un Paris où l'on aimerait vivre. Le propos du maire est même traduit simultanément en langue des signes pour les "mal-entendants" !

Une fois ce conte achevé, les applaudissements fusent. Il faut dire que le maire d'arrondissement et ses conseillers n'hésitent pas à faire la claque, immédiatement suivis par les militants socialistes répartis aux points stratégiques de la salle. Si les chaises n'étaient pas si serrées, certains se lèveraient sans doute pour acclamer leur chef. Mais la partie n'est pas gagnée car, dans sa majorité, l'assistance manifeste une réserve palpable. Il est alors temps de faire circuler le micro pour les questions de la salle.

Outre le traditionnel quota de fous et la prestation non moins rituelle de « la figure du quartier », évacués par une réprimande justifiée ou un sourire poli, on assiste en tout à une quinzaine d'interventions. Il s'agit généralement de questions relatives aux nuisances de proximité : la saleté du trottoir d'en bas, les désagréments engendrés par un chantier voire le bruit des sirènes de pompiers la nuit. Ce qui se décline durant les comptes-rendus de mandat, c'est une démocratie de caniveau où chaque petit égoïsme est invité à s'exprimer. Il faut dire que le format retenu pour l'exercice favorise un tel glissement. En présentant sa politique dans chacun des vingt arrondissements, Bertrand Delanoë se trompe de public. Il se substitue en effet aux maires d'arrondissement qui sont mieux à même de rendre des comptes sur un feu rouge mal placé ou un trottoir trop étroit. Le maire de Paris devrait plutôt présider un seul compte-rendu global de son mandat, dans une salle de l'Hôtel de Ville afin de présenter ses grandes orientations budgétaires et sa vision de la capitale non seulement à ceux qui y vivent, mais aussi à ceux qui y travaillent. Car les banlieusards ressentent eux aussi les effets de la politique de la Ville de Paris en matière de transport, d'environnement, d'économie. Oui, mais eux, ils ne votent pas à Paris…

C'est là le principal travers de ces comptes-rendus de mandat : ils sont uniquement destinés aux riverains. L'observation de l'assistance qui interpelle le maire à cette occasion montre d'ailleurs qu'il s'agit en majorité de personnes d'un âge honorable, souvent sans profession -ce qui explique leur présence à une réunion débutant généralement à 18h30-, qui manifestent assez vite un souci patrimonial lorsqu'ils soulèvent tel ou tel aspect de la vie de leur quartier. En un mot, des propriétaires. Ce qui intéresse ces citoyens, c'est à la fois la préservation de leur cadre de vie et la valorisation de leur bien immobilier. On comprend mieux dès lors pourquoi il y a si peu de questions sur la spéculation immobilière et l'angoisse dans laquelle elle plonge les locataires… Le maire a ensuite beau jeu d'exalter les « quartiers verts » devant un parterre de possédants qui se dérident en calculant de combien s'évaluera leur patrimoine grâce à la limitation de la circulation et à l'apparition de quelques arbres. Quant aux importuns s'aventurant à poser des questions politiques, ils sont sèchement rabroués par le maire qui les désigne aux huées au motif qu'ils font perdre leur temps aux riverains avec des questions qui ne les concernent qu'indirectement. L'intérêt général ? Pensez-vous ! Mais qu'est-ce que des citoyens surtout préoccupés de leurs petits soucis matériels et de leurs problèmes de voisinage en ont à faire ? Brandis comme une pratique démocratique exemplaire, les comptes-rendus de mandat, qui ressemblent à des réunions de copropriété, témoignent en réalité d'une forme de populisme censitaire entretenue par le maire de Paris.

 
Il arrive pourtant que l'inattendu surgisse dans cette pièce jouée d'avance.

Ainsi, le 5 octobre dernier, lors du compte-rendu de mandat du 19éme arrondissement, le maire de Paris a été vigoureusement pris à partie par des représentants des familles expulsées d'un immeuble de l'avenue Jean Jaurès et leurs soutiens. Il se croyait pourtant en terrain conquis dans cet arrondissement tenu par le PS depuis 1995.

Après avoir suscité la compassion des premiers rangs acquis à sa cause en revenant sur le douloureux échec de Paris 2012, Bertrand Delanoë fut sommé de s'expliquer sur sa politique en matière de logement.

Il fut notamment pris à partie sur son faible bilan en ce qui concerne l'éradication de l'habitat insalubre et sur la priorité donnée à des projets comme les JO plutôt qu'à l'urgence de la crise du logement. Devant l'insistance des citoyens récalcitrants, le maire de Paris perdit vite patience : "Vous êtes des gens manipulés par Sarkozy et vous ne respectez pas la démocratie". Le ton monta encore d'un cran et Bertrand Delanoë finit par quitter piteusement la salle sous la protection d'une cohorte de gros bras pendant que les expulsés et leurs amis en venaient aux mains avec des collaborateurs du maire. On ne peut s'empêcher de penser au pauvre interprète qui a du retranscrire en langue des signes les noms d'oiseaux qui volaient de part et d'autre...

Cette joyeuse soirée se poursuivit sur le trottoir où les élus du 19ème eurent le plus grand mal à se défaire d'un groupe d'administrés particulièrement revendicatif et d'un "employé SDF" de la Ville qui acheva de casser l'ambiance : "Je travaille pour la ville j'ai un salaire et je suis pourtant a la rue. Honte a vous messieurs dames les élus!" (source : indymedia Paris-Ile de France).

Vexé comme un pou d'avoir été tancé pour ses insuffisances manifestes en matière de logement, Bertrand Delanoë a immédiatement montré du doigt les impudents qui ont osé le critiquer : "il n'est pas acceptable qu'une petite minorité guidée par le refus des règles démocratiques, puisse empêcher les citoyens d'exercer leur droit au dialogue avec l'ensemble des membres de l'équipe municipale, venue rendre compte de son action. Ce comportement d'essence totalitaire est une menace pour notre vie collective.". (communiqué officiel daté du 6 octobre 2005).

Faire face aux citoyens au risque d'essuyer leur mécontentement, c'était l'idée de ces compte-rendus de mandat, et c'est justement ce qui faisait d'eux une initiative louable. Mais Bertrand Delanoë n'aime les compte-rendus de mandat que tant qu'ils se limitent à une opération de communication et ne remettent pas en cause son action.

mercredi, 07 décembre 2005

Colonisation française : aspects positifs ou négatifs ? A vous de jugez !

Les aspects "positifs" de la colonisation française créent la polémique comme en témoigne l'article ci-dessous. L'occasion pour les jeunes populaires de vous inviter à prendre part au débat en donnant votre avis au travers de commentaires sur cette note.

 

PARIS/FORT-DE-FRANCE (Reuters)

 

L'annulation du voyage de Nicolas Sarkozy aux Antilles a relancé le débat sur la loi évoquant les aspects "positifs" de la colonisation française, qui suscite de vives critiques.

"Je constate que des polémiques qui tiennent pour l'essentiel à des malentendus liés à la loi du 4 février 2005, mais qui sont bien réels, suscitent une émotion particulière", déclare le ministre de l'Intérieur dans une interview au quotidien France-Antilles.

Les députés ont rejeté fin novembre une proposition socialiste visant à abroger cette loi sur les rapatriés, qui invite les enseignants à faire état du "rôle positif" de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord.

Le ministre de l'Intérieur met l'annulation de son voyage qui était prévu jeudi et vendredi en Martinique et en Guadeloupe sur le compte du "respect vis-à-vis de ceux qui attendent de vraies réponses aux vrais problèmes quotidiens".

Des actions de protestation étaient prévues aux Antilles contre sa venue, à l'appel notamment d'un collectif d'élus indépendantistes et de syndicats de gauche.

Les organisateurs entendaient dénoncer la loi du 4 février dernier mais aussi certains propos tenus par le ministre de l'Intérieur lors de la crise dans les banlieues.

Interrogé mercredi soir sur France 3, Nicolas Sarkozy a reconnu que "la polémique récente a créé une tension". Il a mise cette polémique sur le compte "d'un certain nombre d'élus de gauche qui se moquent bien de l'avenir de la Martinique".

Soulignant que cela fait 23 ans qu'un ministre de l'Intérieur n'est pas allé en Martinique, il a assuré qu'il s'y rendrait "dans quelques semaines" ainsi qu'en Guadeloupe mais qu'il voulait "y aller pour des raisons utiles".

"Il y a des malentendus, il y en a en Martinique, il faut prendre du temps pour les lever", a-t-il dit.

 

 

Le ministre de l'Outre-Mer, François Baroin, a jugé que Nicolas Sarkozy avait fait preuve de sagesse en reportant ce voyage et qu'il fallait expliquer le contenu de la loi sur les rapatriés.

"Dès qu'on touche politiquement à quelque chose qui peut rappeler une part d'identité sur laquelle les uns et les autres, génération après génération, s'interrogent, on touche à quelque chose de très sensible", a-t-il déclaré sur France 2.

La loi "n'a pas de valeur normative", a-t-il précisé.

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, lui a fait écho, insistant sur le caractère "déclaratif" et non pas "normatif" de la loi.

"Il n'y a évidemment pas d'Histoire officielle et rien dans ce dispositif, tel qu'il existe dans la loi, ne saurait porter atteinte à la liberté des historiens d'une part et des professeurs d'autre part", a-t-il déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres. "Il faut se tourner vers l'avenir."

Nicolas Sarkozy, sur France 3, a eu des mots plus forts. Il a estimé que "cette repentance permanente qui fait qu'il faudrait s'excuser de l'Histoire de France (...) parfois touche aux confins du ridicule".

Le ministre du Tourisme, Léon Bertrand, a dit comprendre la réaction des Antillais.

"C'est une affaire qui est très sensible", a déclaré l'élu de Guyane à la sortie du conseil des ministres.

"Je comprends que sur le terrain quelques associations, quelques partis politiques puissent effectivement réagir. Ceci dit, je ne comprends pas non plus que les hautes personnalités politiques ne puissent pas recevoir le ministre de l'Intérieur."

L'Histoire "ne doit pas être déguisée", a-t-il insisté, mais reconstruite "telle quelle est, de façon objective".

Le Parti socialiste a salué pour sa part la mobilisation des Antillais contre la venue de Nicolas Sarkozy.

"Le ministre de l'Intérieur, par cette décision, démontre les limites de son courage quand avec le groupe UMP il insulte les populations d'outre-mer à l'Assemblée et n'ose pas s'en expliquer face à elle", écrit le PS dans un communiqué.

L'opposition socialiste demande à nouveau au président de la République d'inscrire l'abrogation de la loi "sur les bienfaits de la colonisation" à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

 

 

Maxime

Délégué "jeunes populaires" du XIV ème arrondissement

La vérité sur la dette

 

Interview de Thierry Breton,
Ministre de l’Economie et des Finances
La Tribune du 30 novembre 2005

Vous venez de recevoir M. Almunia, qui a contesté récemment les prévisions budgétaires de la France. Que lui avez-vous dit et que répondez-vous à ceux qui disent que la loi de finances 2006 n'est pas sincère ?

Le dialogue entre l'État et la Commission est normal pour rapprocher les points de vue. Quand je suis arrivé à Bercy, en mars, les déficits étaient sur la mauvaise pente dont parle la Commission, c'est-à-dire de l'ordre de 3, 5 % du PIB cette année et 3, 7 % l'an prochain. M. Almunia est venu me voir ce matin pour que je lui explique les mesures correctrices que nous avons prises depuis cet été pour faire en sorte que, sur 2005 et 2006, nous soyons bien en dessous de 3 % du PIB, conformément à nos engagements. J'espère que nous avons été aussi convaincants qu'avec le FMI, qui a corrigé ses premières estimations pour reprendre des prévisions voisines des nôtres.

Je suis d'autant plus confiant que s'est ajouté depuis cet automne un élément majeur, je veux parler bien sûr des très bons chiffres de la croissance du 3e trimestre. Nous l'avions dit à maintes reprises : la croissance de la France a touché son point bas à la fin juin et, depuis, nous sentions l'amélioration venir, que ce soit la consommation, l'investissement, l'amélioration sensible de nos exportations, les créations d'entreprises les plus importantes jamais connues dans notre pays.

Aujourd'hui, où en sommes-nous sur la croissance ?

Avec 0, 7 % de croissance au 3e trimestre, la France réalise la meilleure performance de tous les grands pays européens. C'est aussi le fruit des mesures prises depuis plusieurs semestres, tant par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin que par celui de Dominique de Villepin, qui les a amplifiées en déverrouillant certains blocages de l'économie. Il faut encore être prudent, mais ce que je vois pour le 4e trimestre me conforte tout à fait sur la prévision de croissance 2006. Quant à la sincérité du budget 2006, qui prévoit entre 2 et 2, 5 % de croissance, je constate que la tendance sur laquelle nous sommes au 3e trimestre, et vraisemblablement sur tout le second semestre, est bien celle-là. J'espère que tous ceux qui le contestaient il y a quelques semaines auront l'honnêteté de le reconnaître.

Sauf - petit grain de sable - que, ce jeudi, la BCE va remonter son taux directeur. Pour reprendre l'expres- sion de M. Trichet, cela vous semble-t-il "approprié" ?

Comme les autres ministres des Finances de l'Eurogroupe l'ont dit par la voix de Jean-Claude Juncker, nous ne voyons pas la nécessité de cette hausse des taux. Il appartient à la BCE de justifier sa décision, si elle se confirme jeudi. L'essentiel, pour la solidité de notre croissance, c'est que ceci n'ouvre pas un cycle de resserrement de la politique monétaire.

Un autre pays va se battre contre ses déficits : l'Allemagne. Cela ne renforce-t-il pas encore plus la pression sur la France ?

Nous sommes déjà totalement engagés dans l'effort de réduction des déficits et beaucoup plus proche des 3 % que l'Allemagne. Sur le fond, je le dis sans détour : ce qui est bon pour l'Allemagne est par définition une bonne nouvelle pour la France. Après les réformes importantes et courageuses engagées par le chancelier Schröder, le nouveau train de mesures annoncé par le gouvernement de coalition d'Angela Merkel sera d'autant plus positif que l'équipe dirigeante actuelle a eu la sagesse de décaler la hausse éventuelle de la fiscalité à 2007. Même s'il pourra avoir un effet négatif transitoire sur la consommation, ce rattrapage était attendu : la TVA allemande était une des plus basses d'Europe, à 16 %, alors que nous sommes à 19, 6 %. En annonçant dès maintenant la hausse, le gouvernement allemand clarifie l'avenir, ce qui peut avoir un impact psychologique positif pour la consommation et la croissance.

Vous avez demandé à Michel Pébereau un rapport pour établir "la vérité sur la dette de l'État", ce qui n'avait jamais été fait. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il s'agit d'une question centrale, non seulement pour les finances publiques, mais aussi pour tout programme politique à venir. Les Français entendent parler de la dette mais ne comprennent pas ses conséquences concrètes et ont l'impression qu'elle ne pèse pas. Ils ont tort : elle pèse très lourdement sur nos finances publiques. C'est pour cela que j'ai rappelé que l'ensemble de l'impôt sur le revenu des Français ne sert désormais pratiquement qu'à payer les intérêts de la dette. Cette "charge de la dette" est même le deuxième poste du budget de l'État, et il ne cesse de grandir. Nous avons la chance d'avoir des taux d'intérêt très bas. Si jamais ils devaient monter exagérément, cela alourdirait encore cette charge.

Cela fait vingt-cinq ans que le déficit public fait partie de notre vie quotidienne. En fait, on aggrave la dette un peu plus chaque fois. C'est pour cela que j'ai souhaité rappeler tout le monde à la raison et dire que la France n'a plus les moyens de dépenser plus qu'elle ne gagne. Je veux aussi que les Français comprennent que cette dette est notre affaire à tous. C'est un héritage collectif que nous devons prendre en charge avec responsabilité.

Pourquoi tirer le signal d'alarme aussi fort ?

J'estime que le temps de la pédagogie est plus que venu. Je veux faire comprendre que la nécessité de maîtriser les comptes publics ne répond pas à une idéologie mais à une impérieuse nécessité. La première chose à faire était donc la communication sur la dette. Je voulais que tout le monde comprenne bien, après l'échec du référendum européen, que la réponse aux défis de la France ne serait certainement pas d'augmenter la dépense publique inconsidérément. Cela a été entendu puisque, avec Dominique de Villepin, nous avons pu prendre des mesures courageuses mais indispensables pour remettre la France en conformité avec ses engagements européens tout en préparant l'avenir.

J'ai demandé ensuite à Michel Pébereau de m'aider pour faire de la pédagogie économique. Pour moi, la dette est le résultat des faiblesses de notre système, mais aussi des erreurs du passé. Il faut avoir le courage de les étudier une par une. Je souhaite donc que Michel Pébereau fasse la genèse de cette dette et qu'il m'aide à expliquer aux Français comment elle s'est stratifiée. Parce ce que, ce faisant, on pourra comprendre que les erreurs de politique économique se payent comptant, très cher et très vite. Mais, ce qui est choquant, c'est que la facture est laissée à la génération qui suit.

Cette dette, de combien est-elle ? Vous évoquez le chiffre de 2.000 milliards d'euros. C'est énorme...

Cela n'a rien de neuf malheureusement ! Tout le monde le sait, mais personne ne le disait. Il y a la dette financière stricto sensu, certaine, parce que ce sont nos emprunts, qui représenteront 1.167 milliards fin 2005. Il y a aussi les engagements que nous avons pris pour l'avenir : d'abord pour payer les retraites des fonctionnaires : ils représentent à peu près 450 milliards d'euros, chiffre qu'il faut doubler si l'on y ajoute les retraites futures des agents des collectivités locales et des hôpitaux. Soit 900 milliards d'euros complémentaires qui ne sont pas l'emprunt stricto sensu mais des engagements. Il ne faut pas avoir peur de ce chiffre effectivement très important. Il figure depuis longtemps dans tous les rapports de l'État et de la Cour des comptes. La différence, c'est que, désormais, il est médiatisé.

Une dette, ce n'est pas honteux, c'est même assez normal. Cela devient un problème quand on ne sait pas comment faire pour rembourser. Ce qui est un problème, ce n'est pas d'avoir une dette, mais de ne plus en faire un objet normal du débat politique. J'estime qu'il est de mon devoir de ministre de l'Économie de contribuer à mettre ce sujet au coeur du débat politique car il est essentiel pour l'avenir de nos enfants et, même, pour notre avenir à nous.

Quelles sont les pistes proposées par la mission Pébereau pour réduire la dette ?

Lorsqu'on a une dette, trois solutions sont envisageables pour la réduire : baisser les dépenses, augmenter la croissance et vendre des actifs non stratégiques. J'attends donc de la mission Pébereau qu'elle me décrive des orientations précises sur ces trois pistes.

Ce n'est pas un peu risqué comme stratégie ? Si on n'arrive pas à appliquer ces solutions, on risque de dire que la France, criblée de dettes, est menacée de faillite...

Non : le risque c'est d'esquiver la réalité qui vous rattrape toujours. Encore une fois, tous les chiffres sont sur la place publique et connus de tous les observateurs. Cela ne s'adresse pas aux économistes. J'imagine qu'ils ne s'attendent pas à des révélations de la part de la mission Pébereau. Je souhaite que ses conclusions s'adressent avant tout aux Français, avec clarté et pédagogie.

Tout le monde doit se persuader que notre combat c'est d'abord la croissance. Aujourd'hui, la croissance potentielle de la France est autour de 2, 25 %. Ce n'est pas suffisant pour un pays comme le nôtre. Je pense qu'il faudrait que la nation entière se fixe comme objectif de faire remonter cette croissance potentielle. Avant de se demander comment dépenser l'argent, il faut que tout le monde se pose la question de savoir comment on crée la richesse, c'est le principe de base de l'économie. Après, selon qu'on est de droite, de gauche, du centre, ou ailleurs, on peut avoir des appréciations différentes sur la distribution, mais la création elle-même de la richesse est l'impératif de tous. Si l'on a une croissance à 3, 25 % ou à 3, 50 %, plutôt qu'une croissance à 2, 25 %, cela change tout.

Vous venez d'achever l'introduction en Bourse d'EDF, avec 5 millions d'actionnaires, un très beau résultat. Mais ce sont également 5 millions d'électeurs potentiellement mécontents. N'avez-vous pas l'impression d'avoir vendu trop cher ?

Parce qu'ils ont perdu moins de 1 % en une semaine ? Soyons sérieux : un prix minimum a été donné par la Commission des participations et des transferts pour fixer la valeur de l'action EDF. C'est son rôle et elle l'a fait en toute indépendance. D'habitude, le ministre des Finances prend toujours un peu plus que le prix de la Commission. Là, j'ai retenu exactement le prix de la Commission. À partir du moment où le prix était dans la fourchette indicative initiale, pourquoi dire après coup que c'est un euro de trop ou de pas assez. Quand on est actionnaire, c'est dans la durée qu'il faut s'inscrire : on accompagne la vie de l'entreprise. Après cela, c'est à l'entreprise de performer... EDF a de très beaux actifs, de grands projets, un très bon management. C'est ce qui fera que, progressivement, le cours de Bourse pourra augmenter. Et rien d'autre. La Bourse, ce n'est pas un jeu.

Bureau politique de l’UMP

Le Bureau politique de l’UMP a approuvé la modification des statuts portant sur :

- le choix du candidat soutenu par l’UMP aux élections présidentielles par le Congrès (somme des adhérents) en janvier 2007,

- le mode de consultation des adhérents dans la procédure d’investiture des candidats aux élections législatives en septembre 2006,

- la simplification, la démocratisation et l’ouverture aux nouveaux adhérents des instances locales en vue du renouvellement de mars 2006.

Le Bureau politique de l’UMP a décidé de convoquer un congrès en janvier 2006

dimanche, 04 décembre 2005

Villepin justifie la responsabilisation des parents

Le Figaro
[03 décembre 2005]

 

Après le grand oral à Matignon sur l'échec scolaire, les travaux pratiques, hier, dans les écoles et collèges de la Somme. A Moreuil, chef-lieu d'un canton rural, Dominique de Villepin visite les classes de soutien de français et de mathématiques du collège Jean-Moulin. L'établissement a beau ne pas être situé en zone d'éducation prioritaire (ZEP), cela n'empêche pas le premier ministre de répéter ses principales propositions pour lutter contre l'échec scolaire. «L'école, c'est la première et dernière ligne du creuset républicain», dit-il aux enseignants. Dans ce «collège exemplaire», il s'attarde aussi avec les élèves d'une classe de découverte professionnelle qui ont fondé et gèrent une entreprise fictive. Amélie propose alors au premier ministre de lui vendre des actions. Dominique de Villepin se prête volontiers au jeu et sort de sa poche 20 euros pour acheter de fausses actions. «J'espère que ça marchera aussi bien que celles d'EDF», blague-t-il avec le député UMP Alain Gest.

 

Redevenu sérieux, le chef du gouvernement défend bec et ongles son contrat de responsabilité parental qui prévoit l'éventuelle suspension des allocations familiales pour les parents défaillants. «C'est une mécanique d'incitation et pas une mécanique de sanction», rassure-t-il.

 

Un peu plus tard, dans une école primaire à Boves, petite commune de la banlieue d'Amiens, il assiste à un conseil de jeunes citoyens. L'ambiance est très studieuse. Dominique de Villepin interroge les enfants sur le respect. Clara tente une définition : «Sans le respect, c'est plus cruel, c'est la bagarre à la récréation.» Le premier ministre livre la sienne : «Le respect, c'est vrai à la maison, à l'école et au niveau de la nation. Chacun a les mêmes valeurs quelles que soient ses origines, sa couleur de peau ou sa religion. Il faut éviter de se diviser.»

 

A Nicolas, il conseille : «Parfois, on a envie de dire un gros mot à un camarade. Et finalement, on se retient.» Les conseillers de Matignon esquissent des sourires. Avant de quitter les lieux, Dominique de Villepin écoute, les yeux embués, La Croisade des enfants, une chanson de Jacques Higelin. «J'suis trop p'tit pour me prendre au sérieux. Trop sérieux pour faire le jeu des grands...», chantent en coeur les écoliers.

 

Sur le parvis de l'hôtel de ville d'Amiens, un syndicaliste interpelle le premier ministre : «Qu'est-ce que vous allez faire contre les licenciements chez Nestlé ?» «On essaie de régler les problèmes un par un», lui répond le chef du gouvernement. A l'intérieur de la mairie, changement de discours. Le premier ministre défend ses résultats sur le front du chômage. «Nous nous sommes donnés tous les moyens pour combattre le chômage de masse», martèle-t-il sous les applaudissements. A l'approche des fêtes, Dominique de Villepin joue au Père Noël en annonçant le versement d'une prime de 150 euros net aux agents de l'ANPE pour leur «forte mobilisation dans la bataille pour l'emploi».

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