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samedi, 04 juin 2005

Et maintenant...la renégociation?

Ce fut l’argument des partisans du non. La France, par son audace et son courage, allait pouvoir contraindre l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, favorables au traité de Constitution, à renégocier un texte qui avait pourtant fait l’objet d’un consensus général à la sortie de la Conférence intergouvernementale en 2003. L’ensemble des partis socialistes européens soutiennent ce projet ? Le parti socialiste français est le seul à se déchirer sur cette Constitution. Une très large majorité des syndicats membres de la Confédération européenne des syndicats (CES) appellent à voter en faveur de la Constitution ? Les syndicats français, du moins leurs membres, préfèrent tirer à boulet rouge contre le projet dont la France, par l’intermédiaire de Valérie Giscard d’Estaing, avait pourtant été à l’origine.

Aujourd’hui, les français se rendent compte que les défenseurs de cet argument leur ont menti ! Barroso, actuel Président de la Commission européenne, n’a-t-il pas déclaré au lendemain des résultats français, qu’il n’y aurait pas de renégociation ?

Si la France voulait réellement renégocier ce texte, encore lui faudrait-elle proposer des alternatives. Mais que proposer aux vingt-quatre autres chefs de gouvernement ? Les arguments de Jean-Marie Le Pen ? En quoi sont-ils moins légitimes que ceux de Laurent Fabius ? Et que faire de ceux des communistes, de l’extrême gauche, des souverainistes, des radicaux socialistes ? Il faut se rendre à l’évidence : parce que tous ces non sont incompatibles, alors il est impossible d’envisager la moindre discussion sur ce texte. De plus, avec qui aurions-nous négocié ? La plus grande majorité des Etats membres de l’Union européenne ont déjà ratifié ce texte : de quel droit pourrions-nous les obliger à renégocier ce traité ? Et comment tomber d’accord avec des hollandais qui refusent un texte qu’ils jugent trop social.

Aujourd’hui, les français vont devoir accepter l’idée qu’ils ont été berné par des politiciens sans scrupules qui n’ont pas hésité à leur mentir afin d’asseoir leur position au sein du champs politique français.

Les Français ne voulaient plus de cette Europe ? Ils vont devoir s’en satisfaire encore un certain temps. Et nul doute qu’au cours des discussions à venir, la voix de la France peinera à se faire entendre. La France est devenu le 29 mai 2005 le « mouton noir » de l’Europe.

Geoffroy,
militant pour le OUI dans le XIV ème arrondissement de Paris

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